Le nombre sert à compter, à mesurer des grandeurs.
Mais il n'est pas que celà. Pour Pythagore les nombres
exprimaient d'abord des qualités, la mesure de quantités,
l'arithmétique des gens d'affaire, étant l'usage
le plus bas, le plus vulgaire que l'on pouvait en faire. Car le
contenu ésotérique du nombre traduit les lois du
cosmos et se décline dans les processus de création.
Alors commençons par quelques mots sur ce personnage et
sa pensée en rappelant ce que son disciple Platon avait
écrit au fronton de son école:
Pythagore
connu des écoliers par son triangle vivait au VI ème
siècle BC. Il a étudié en Egypte durant plus
de 20 ans avant de voyager et compléter ses connaissances,
puis a fondé son école à Crotone en Sicile.
On y parlait métaphysique, mathématiques, géométrie,
cosmologie mais aussi organisation sociale et politique. Son rayonnement
fut tel que les penseurs les plus importants de l'époque
vinrent y passer quelques années et que le nombre des adeptes
augmentant, les pythagoriciens prirent le pouvoir politique. Tout
ne dut pas se passer pour le mieux car vers 500 BC, une révolte
des paysans locaux conduisit à un massacre général.
On ne sait si Pythagore qui mourut vers cette époque en
fut victime. Les rares rescapés, en fuite ou en voyage,
se dispersèrent et fondèrent leur propre école.
C'est dans l'une d'elle que bien des années plus tard Platon
fut initié.
Les pythagoriciens constituaient ce qu'aujourd'hui on appellerait
une secte. Il y avait les maîtres qui vivaient assez retirés
du monde, avec leurs études, leurs règles, leurs
secrets et leurs signes de reconnaissance, et les adeptes qui
participaient à la vie de la cité. Un de ces derniers
est bien connu: Milon de Crotone, le propre gendre de Pythagore,
plusieurs fois vainqueur aux Jeux Olympiques.
Pour Pythagore, tout est dans le nombre et les lois et l'harmonie
de l'univers doivent être recherchées dans les nombre
(entiers) et les rapports entre ces nombres. Bien qu'aucun de
ses écrits ne nous soit parvenu, l'enseignement de Pythagore
propagée et approfondi par ses successeurs a influencé
la science et la pensée grecques puis occidentales jusqu'à
nos jours( Kepler, Newton,...).
Les processus de création engendrent deux choses:
une forme et de la matière, autrement dit un contenant
et un contenu. La pensée matérialiste ne s'intéresse
qu'au contenu et ignore la forme.
Une forme engendre un champ morphogénétique qui
la met en relation subtile avec toutes les formes semblables et
l'apparition ou la construction d'une forme multiplie les chances
d'une nouvelle apparition ou duplication (la sphère n'est-elle
pas la forme la plus répandue dans l'univers?). Les formes
en soi ne sont pas neutres, elles s'inscrivent dans le courant
cosmique. Alors que la forme des poissons n'est pas dues au hasard
et que celle des bateaux et avions est soigneusement étudiée
pour les rendre plus performants, ce rapport de forme au cosmos
est totalement occulté.
L'architecture est bien un art de la forme, elle vise à
projeter et construire des formes dans l'espace. Mais à
l'inverse d'autres arts ou artisanats de création de formes
comme la sculpture, l'architecture, produisant un effet (visuel
par exemple) sur l'extérieur, est surtout faite pour être
habitée ou utilisée de l'intérieur. Elle
doit donc répondre à des fonctions et besoins humains.
Dans la pratique courante, quand l'architecture n'est pas que
le bel art de façade satisfaisant à l'égo
du concepteur, les fonctions matérielles des utilisateurs
ou occupants sont prises en compte ...et les fonctions spirituelles
totalement ignorées.
A l'inverse l'architecture sacrée, mais aussi la
simple maison de l'homme de la plupart des peuples (dits primitifs),
visait à des fonctions spirituelles, à relier le
ciel à la terre et l'homme au cosmos. Le choix du site,
l'orientation, les éléments naturels et climatiques,
la forme et les proportions, tout était considéré,
évalué, ajusté pour répondre au mieux
à cette recherche, avec pour support la géométrie
et son contenu symbolique, parfois complexe pour les édifices
importants comme les cathédrales.
Issu de corps géométriques, le Zome est porteur
de la symbolique que l'on peut reconnaitre dans le nombre et la
forme. Les trois degrés de liberté qui gouvernent
les rhombizonaèdres polaires et qui peuvent s'exprimer
par des nombres (d'ordre, de forme, de taille) permettent même
de l'ajuster finement sur des fréquences fondamentales
de l'univers. En retour, il est capable de résonner dans
ces vibrations cosmiques, de générer ou de filtrer
des courants énergétiques, de dynamiser l'espace
et d'harmoniser l'homme et son environnement.
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