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1) Serre plastique+ mobile-home
a) Réalisation
Une serre de 8x15 m (arceaux de fer galvanisé, fils de
fer de charpente, feuille de polyéthylène transparent)
sous laquelle est engagé à moitié un mobile-home
de 25 m2
La feuille de polyéthylène est blanchie d'une bonne
couche de blanc d'ombrage avant chaque période estivale.
Un voile de tissus (draps de coton de récupération)
est glissé entre les fils de fer et le plastique, il renforce
l'ombrage et absorbe l'humidité qui se condense sur la
face intérieure du plastique les nuits fraîches.
Cette humidité sèche le jour.
Les pignons de la serre sont fermés avec des parois sommaires
en ballots de paille. Des châssis grossiers en bois servent
de chambranle à deux portes isoplanes de récupération,
une sur chacun des pignons de la serre . Ces châssis
sont indépendants de la structure de la serre qui est
souple et doit être autorisée à se déformer
avec le vent. Cette déformation élastique peut
déterminer un jeu de10 cm des arceaux autour de leur position
au repos.
Au sol, des briques plates de terre cuite sont posées
à sec sur un lit de sable, et font un carrelage démontable
dans la partie « salle à manger ». Ailleurs,
du lino récupéré couvre le sol.
Le logement est raccordé au réseau électrique
(compteur professionnel) et au réseau d'adduction d'eau,
mais pas au tout à l'égout, le réseau ne
s'étendant pas jusqu'au terrain.
b) Equipement
- Une installation électrique sommaire (éclairage,
prises).
- Une salle de bain (lavabo, baignoire).
- Un lave-linge.
- Un évier de cuisine, monté à sec sur des
parpaings.
- Une gazinière à propane
- Un petit convecteur électrique de 1000 W, pour réchauffer
un peu le mobile-home quand il fait froid.
Le petit chauffe-eau à propane a gelé
aux premiers froids, la famille s'est contentée d'eau
chauffée sur le gaz.
Les eaux grises ont été évacuées
vers une tranchée ouverte de 5 m de long sur 30 cm de
profondeur, à l'extérieur de la serre, à
l'aval.
Une toilette à litière a été installée
dans un réduit sommairement aménagé dans
un coin de la serre. Le déchet des toilettes a été
vidangé à mesure dans un coin inoccupé du
terrain.
Le mobile-home a servi de dortoir pour les trois enfants (4,
11 et 12 ans), et l'espace de 120 m2 disponible sous la serre
a été cloisonné avec des tissus suspendus
aux armatures de la serre, de manière à permettre
un minimum d'intimité visuelle pour chacun
c)
Utilisation
Le niveau de confort d'un tel logement
est évidemment assez limité.
Les écarts thermiques sont très importants, on
atteint 30 à 35° le jour en été, et
-5° au petit matin l'hiver. Tous les tuyaux de plomberie
sont en polyéthylène, et ne craignent pas le gel.
Il faut toutefois impérativement fermer la vanne d'arrivée
et ouvrir tous les robinets chaque fois que le gel menace. Le
mobile-home se révèle à peu près
aussi chaud et aussi froid que la serre. Indispensable : une
bonne couette pour chacun.
Défauts mineurs : il y a du mouvement d'air en abondance
à l'intérieur dès que le vent se lève,
et l'intimité acoustique est à peu près
nulle.
En dépit de ces inconvénients, cet habitat se révèle
très agréable en demi-saison, en partie en raison
de la lumière douce qui filtre par toute la surface du
plafond et des murs, en raison aussi de la perception immédiate
de l'ambiance extérieure : la pluie, le bruit du vent
dans les arbres, le chant des oiseauxOutre ses occupants légitimes,
on y croise une foule de squatteurs finalement sympathiques :
hérisson, mante religieuse, escargots, crapauds, guêpes
maçonnes, oiseaux égarés, etc.
d) Risques
Le principal risque spécifique
à ce type d'habitat est sans doute la tempête, qui
peut arracher le plastique, voire écraser la structure
métallique. Les mesures de prévention sont simples
: autant que possible, s'installer à l'abri du vent, disposer
l'axe de la serre perpendiculairement aux vents dominants, choisir
une structure bien contreventée, soigner le montage, notamment
la tension des fils de fer de charpente, poser correctement le
plastique et bien l'enterrer dans des tranchées de 40
cm de profondeur au moins creusées à 50 cm de distance
de la base de la structure, toutes règles bien connues
des maraîchers.
En cas d'avis de tempête, évacuer le logement.
Pour le reste, il est assez facile de se prémunir des
eaux de ruissellement, et si les fils de fer et le plastique
sont bien posés, il n'y aura pas de gouttières,
même si un chat perfore la bâche avec ses griffes.
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2) Studio ossature bois+paille, sous une serre plastique
a) Réalisation
Sous une serre de 9x8 m, on pose un plancher de volige (7x6 m)
sur un lot de palettes homogènes étalées
sur une feuille de plastique. Sur ce plancher est montée
une ossature bois légère comprenant une cinquantaine
de poteaux verticaux (210x6x6 cm), un gros poteau central, deux
poutres et une vingtaine de solives (12x4 cm). Les poteaux sont
répartis sur deux périmètres, l'un au bord
du plancher, l'autre cinquante cm en retrait, vers l'intérieur.
Entre ces deux rangs de poteaux, on empile les ballots de paille
en laissant une porte et deux fenêtres (menuiseries de
récupération).
Les solives portent un plafond de volige sur lequel sont disposés
deux ou trois couches de carton et par-dessus des ballots de
paille.
Une fois déduite la surface occupée par les parois,
il reste environ 30 m2 habitables à l'intérieur
des murs, plus 2 « couloirs » de 1,50 m de largeur
entre le plastique de la serre et les murs.
Les murs de paille sont enduits de terre sur les deux faces,
l'enduit intérieur est très épais (6 cm
environ), ce qui procure un peu d'inertie thermique au logement.
L'axe de la serre est orienté Nord-Sud. Le pignon sud
porte deux grandes fenêtres, alors qu'au nord, la serre
tout entière est fermée d'une paroi supplémentaire
sommairement élevée en ballots de paille.
Le logement est raccordé au réseau électrique
(compteur professionnel). Il est pourvu en eau par une pompe
électrique montée sur un puits à proximité,
l'eau de boisson et cuisine étant achetée en bouteilles.
Il n'est pas raccordé au tout à l'égout.
b) Equipement
-Eclairage électrique, prises.
-Un évier et un bac à douche, avec un petit
drain couvert pour les eaux grises.
-Une gazinière à propane
-Un poêle à bois
-Une toilette à litière
c) Utilisation
Le plancher et le plafond ont été
réalisés avec de la volige encore humide. En séchant,
elle a laissé des joints ouverts de sorte que la ventilation
de la pièce est importante. Comme d'autre part l'inertie
thermique est assez faible, il faut chauffer régulièrement
en hiver.
En été, la serre est passée au blanc d'ombrage
et la façade sud est protégée par une pergola,
ce qui suffit à assurer une température inférieure
à 25° dans le studio.
En période froide, la condensation abondante qui se produit
la nuit sous la feuille de plastique retombe en pluie sur la
paille du plafond, qu'elle finit par mouiller en profondeur.
Il est prudent de prévoir un moyen d'absorber ou d'évacuer
cette humidité : voile de tissus posé sous le plastique,
ou autre.
d) Risques
Outre la tempête, il faut prévenir
ici le risque d'incendie. Les parois en paille bien enduites
sont ininflammables. Il faut disposer le poêle sur une
sole minérale incombustible, et soigner la sortie du conduit
de fumées.
Dans ce logement comme dans le précédent, le sentiment
de faire du provisoire ne doit pas amener à négliger
la sécurité. Pour l'installation électrique,
on négligera volontiers les normes qui imposent des équipements
inutiles (prise en 32 ampères sur un circuit propre pour
un four électrique, par exemple), mais certainement pas
celles qui ont trait à la sécurité.
3) Discussion
Le principal intérêt de ces logements tient
à leur très faible coût, à la rapidité
et à la simplicité de leur construction. L'investissement
minime consenti au départ est à peu près
intégralement récupérable au terme de leur
utilisation, par réutilisation ou revente des éléments.
Dans le premier modèle, le mobile-home peut être
remplacé par une caravane, moins chère et beaucoup
plus facile à transporter. Ce type d'habitat est à
réserver aux climats doux, et à installer si possible
en site ombragé. Son usage ne peut être que très
temporaire, encore qu'on rencontre en bord de mer des gens qui
vivent à l'année en mobile-home, et que les gitans
passent toute leur vie en caravane.
Le second (studio paille sous serre plastique) est beaucoup mieux
tempéré, il est chauffable, il peut s'accommoder
des climats les plus rudes. Le plancher bois n'est pas indispensable,
un sol de terre battue éventuellement stabilisée
à la chaux, ou bien un dallage de terre cuite posé
à sec auraient le mérite de conférer une
inertie thermique bienvenue en hiver autant qu'en été.
Tel que décrit ci-dessus, ce logement ne comporte qu'une
pièce, mais rien n'empêche de lui adjoindre une
longueur de serre supplémentaire utilisée comme
dans le premier modèle, la pièce bâtie servant
de refuge en cas d'excès de chaud ou de froid, et de protection
contre le gel pour les équipements hydrauliques (évier,
douche).
En usage horticole, les bâches en polyéthylène
traité anti-UV perdent leur propriétés optiques
au fil du temps et doivent être remplacées tous
les 4 à 5 ans, mais leur résistance mécanique
se maintient beaucoup plus longtemps, sans doute plus de dix
ans.
En cas de non-raccordement au réseau d'eau potable, on
peut recourir momentanément à l'eau minérale
en bouteille, ce que font quantité de gens raccordés
mais insatisfaits de la qualité de l'eau du réseau,
ou encore à de l'eau de puits ou de pluie filtrée
convenablement.
La gestion des excréments humains par le moyen de toilettes
à compost (toilettes à litière ou toilettes
à compostage interne) est une chose à la fois simple,
sûre et très bon marché, et c'est aussi le
cas du traitement des eaux grises (relativement peu abondantes
dans ce type d'habitat), par lit d'infiltration ou filtre planté.
Sauf cas particulier, le souci de préserver le paysage
n'est pas un obstacle à l'installation de serres horticoles
dans un but de production, il n'y a pas de raison qu'on nous
oppose cet argument quand il s'agit de loger des personnes sur
le lieu de leur travail, d'autant que ces bâtiments bas
sont assez facile à estomper avec des ballots de paille
ou des plantes grimpantes.
Pierre Besse le 06/01/05
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