A la investigación de la
Introducción
a mi hermana Francine la narradora y a mi sobrino Stéphane
|
La historia de que les informo va ciertamente a parecerles increíble, e incluso que la vivió tiene aún del mal a creer. Pero es así. Me encontraba este día allí
en un bosque a la recolección de hongos. Era un año
de gran abundancia, un año excepcional en que el bosque
estaba como cubierto de flores. Habían nacido por millares,amarillos
rojos, azules, pequeños y grande, discretos o triunfandos,
secos o carnosos, altos sobre pie o afeitando el suelo, solitarios
o agrupados, con filamentos, unas miríadas de colores,
un encantamiento. Había llenado mi cesta, no para una
futura comida pero para traer como un racimo extraño,
reuniendo allí los más coloreados, más atormentadas
las formas, los cuyo nombre me era desconocido. Sentado sobre
un tronco, reanudaba mi respiración después de
la subida de la últimacuesta, cuando vivo llegar siento
revés un divertido de personaje que descendía la
senda de un paso alerta, una alforjas sobre el hombro. Después
de haberse interesado por el contenido de mi cesta y así
haber empezado la conversación, me planteó esta
cuestión que parecía atormentarlo:
![]() |
Il y a bien longtemps, bien longtemps dans le temps, mais le temps en avant, je vivais sur la planète BETON, c'est ainsi qu'elle se nomme, et j'ai été transporté sur cette TERRE. De BETON, je ne vous en dirai que l'essentiel, j'ai beaucoup oublié en apprenant à vivre ici. C'est une planète toute construite ou presque, où il n'y a ni jour et ni nuit, ni soleil et ni lune, et aucune saison. Une seule race, celle des Blancs, mais maintenant que j'ai retrouvé la vision colorée, je sais qu'en fait ils sont gris, gris de peau comme leurs habits ou leurs bâtiments, gris comme leurs désirs, et comment pourrait-il en être autrement dans la poussière grise qu'on y respire ? Un seul drapeu sur cette planète, blanc- enfin gris - avec trois bandes noires en diagonale dans un angle inférieur, bandes que l'on parlait de supprimer bientôt, quand les dernières parcelles noires seraient bétonnées. Les yeux des Blancs ne peuvent voir qu'en noir et blanc, et encore sans beaucoup de nuances. Les Actifs y sont la caste dominante, et moi j'étais adepte des Contemplatifs, de ceux qui s'interrogent sur le passé et l'avenir. Les Actifs ne sont pas curieux de ces choses là, tout juste pensent-ils que leur race est née avec les ancêtres qui lors du Grand Départ ont apporté juste de quoi construire. Mais nous savons nous qu'il y a eu un avant, et qu'avec la limitation obligée des bagages, plutôt que de faire suivre leur or ou leur téléphone portable, certains ont choisi d'amener des instruments de musique, des disques, des livres. Et bien que beaucoup aient été perdus ou déterriorés durant le voyage, certains nous sont parvenus et sont précieusement conservés, ce sont nos archives secrètes que seulement quelques savants peuvent consulter, peu fréquemment vu le danger de les perdre, quand se pose pour nous un problème majeur. Nous sommes les Contemplatifs que les Blancs appellent d'ailleurs les Noirs, bien que nous préférons nous désigner comme Colorés dans nos croyances. Les Blancs prétendent que notre pensée n'est qu'un ramassis d'idées noires, et il est vrai que le noir nous intéresse particulièrement, il est si rare sur BETON. Mais en fait, ce que nous recherchons, ce dont nous sommes persuadés, c'est de l'existence dans un ailleurs comme un paradis dans la fusion harmonieuse du noir et du blanc d'où découle toute la vie, voyez vous ce que je veux dire? Nous en avons trouvé trace dans nos archives, des symboles que nous ne savons plus interpréter, nos mystères. Comme ce dessin sacré connu sous le nom de principe du Ying et du Yang, où ce manuscrit d'André Breton qui parle de "l'existence d'un point de l'esprit où le haut et le bas, le noir et le blanc, le réel et l'imaginaire cessent d'être perçus contradictoirement". Et puis le blaireau, cet animal mythique qu'un de nos savants à un jour découvert dans l'Encyclopédie Universelle des Animaux, tout de blanc et noir vêtu, et qui est devenu notre animal frère, notre emblème, n'est-il pas une des clefs de l'Ultime Entendement. Des blaireaux, bien sûr, personne n'en avait jamais vus, il n'y a pas de blaireau sur la planète BETON, pas plus que d'autres animaux d'ailleurs ni des plantes ni des arbres, rien que du roc et du béton. Aussi quel ne fut pas notre émoi lors des fouilles pour la construction de je ne sais quel bâtiment, un silo à béton peut être, lde mettre à jour une sorte de temple rempli de matières fossilisées , inconnues et très dispersées, où l'on a pu reconnaître de petits os avec encore accrochés quelques poils noirs et quelques poils blancs, et surtout cette inscription gravée dans ce qui devait être du bois pétrifié et qu'il m'a été donné de déchiffrer: "Le Repaire du Blaireau". Les Blancs se sont dépéchés d'oublier l'incident et de construire leur silo, ce qui nous a privés d'une étude approfondie, Mais chez nous, cela a donné lieu à bien des discussions. Etait-ce bien l'animal blaireau dont il était question? Et si c'était l'animal, n'avait-il pas un aspect différent de ce que l'on pensait? Car on y avait trouvé ce qui devait être des cornes, des ogriifes, des traces de plumage, et même du métal. Et que signifiait Repaire, sinon le temple de cette religion des origines du noir et du blanc, la compréhension de la Grande Unité. Nos savants avaient acquis depuis peu la maîtrise du voyage dans le temps et l'on avait commencé par envoyer des sondes dans le passé. Ainsi avait-on pu voir une planète qui par les échancrure des nuages montrait un sol portant de larges plaques grises, et je sais aujourd'hui qu'en fait c'étaient des couleurs ocres, vertes ou bleues, et d'autres éclatantes de blancheur, trop lumineuses pour nos yeux. Avoir des images depuis le sol a été plus complexe. La première sonde fut un succès mais elle n'a montré que du sable et des pierres, nous connaissions. La seconde n'a émis que quelques secondes, un univers bétonné, avant qu'elle ne soit écrasée parn un corps noir et strié. J'en ai déduis depuis qu'elle fut écrasée sous la roue de camion. Envoyées vers les régions vertes ou bleues, les suivantes furent, des échecs bien que nous étions sûrs qu'elles aient atteint la surface., Peut-être tombées dans un précipice, échouées dans un univers trop hostile, nous ne savions. Les Blancs eux se moquaient de nos recherches, espérant que nos échecs nous feraient adopter leurs manières de vivre. Et en fait nous étions sur le point d'abandonner cette quête du passé, quand une autre découverte capitale a relancé nos espoirs: un de nos sages venait de découvrir les bribes d'un site internet de votre XXIe siècle dans lequel l'on pouvait voir des constructions déroutantes dans des paysages étranges à nos yeux, et surtout un petit texte où il était clairement question d'un voyage vers le Repaire du Blaireau. Il fallait en avoir le coeur net, et ne pensez pas que j'exagère en disant que cela devenait une question de vie ou de mort. Auusi ai-je été choisi parmi les volontaires pour être envoyé dans le passé, une sonde vivante en quelque sorte, car j'étais un des rares à m'intéresser aux langues oubliées de cette période. Comment ce prodige a-t-il été exécuté, je l'ignore, ce n'était pas ma spécialité. Ce fut d'ailleurs un peu aléatoire, une erreur de calcul sans doute, car je suis apparu sur TERRE longtemps en arrière, du temps où les hommes avaient une queue, seulement équipé de cette boite à accélérer le temps afin de rejoindre mon peuple et répondre à leur attente, et de cet autre qui me permet de stocker des images et de les transmettre. Les reçoivent-t-ils, je l'ignore car pour ma part je n'ai jamais eu aucun retour. Je ne regrette rien de ces divers incidents, ils m'ont permis de voyager et de découvrir bien des choses, et aussi d'oublier mes origines dont je ne sais plus précisément parler. Bien des mutismes ont accompagnés ma quête du Repaire du Blaireau, jusqu'à ce que j'arrive dans cette région, il y a plus de 2000 ans., à la recherche d'indices déterminants. |